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Architecture
La chapelle Notre-Dame des Anges est un
remarquable exemple d'architecture néo-gothique inspirée du XIIIe siècle, très
prisée sous le Second Empire. Les plans en sont dus à un religieux architecte,
le Père Gally.
La façade sur rue ne présente pas
d'intérêt architectural particulier. L' intérieur, par contre, comporte, après
un vestibule, une nef de trois travées, flanquée de bas côtés simples,
surmontés de tribunes. Puis viennent un transept et un chœur formé de deux
travées droites et d' une abside à trois pans.
Du haut d'une voûte de 17 mètres, les
grandes arcades de la nef, en tiers point, retombent sur de grosses colonnes
cylindriques couronnées de chapiteaux à feuilles. Les tribunes s'ouvrent sur le
vaisseau central par des baies géminées surmontées de grandes fenêtres à deux
lancettes et un oculus, cherchant la lumière au-dessus des toits environnants.
On appréciera la grande qualité de cette
architecture et le soin du détail, notamment dans la sculpture des chapiteaux.
On remarquera en particulier avec amusement les insolites figures grimaçantes
qui se mêlent aux feuilles d'acanthe sur les chapiteaux du chœur.
Les vitraux
L'édifice est
particulièrement remarquable par sa série de vitraux historiés datant de 1866.
Les 37 verrières dont les deux rosaces de chaque côté du transept, sont dues au
maître verrier Joseph Villiet, de Bordeaux. Elles forment un rare ensemble
homogène dédié à la vierge Marie.
On appréciera la rosace, à gauche du
transept, présentant les litanies de la Vierge, ainsi que la représentation de
nombreuses femmes qui ont marqué l'histoire de la sainteté avant et après le
Christ. La rosace de la Vierge a été restaurée en 1991. La rosace qui est à
droite du transept, quant à elle, évoque Saint Joseph. Cette série de verrières
- et la totalité de la chapelle lui servant de cadre - a été inscrite à
l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1984.
Les vitraux du chœur évoquent les
mystères de Marie et du Christ. Ceux qui sont à droite, dans la nef,
représentent - en partant du fond jusqu'au chœur - les saintes femmes de
l'Ancien Testament. Le premier : Ève, Sarah, Déborah et Ruth ; le
second : Judith, Abigail, Rachel, Aram ; le troisième : Esther,
Iahel, Suzanne et sainte Anne. Ceux qui sont à gauche, et dans le même ordre: le
premier, sainte Élisabeth, sainte Mathilde, sainte Clotilde et sainte Geneviève ;
le second, sainte Juliette et saint Cyr, sainte Jeanne, sainte Praxède et sainte Ursule; le troisième, sainte
Catherine, sainte Foy et sainte Cécile.
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NOTRE-DAME DES ANGES :
LA STATUE
Au fond du chœur,
au-dessus du maître-autel, se trouve un bel ensemble statuaire représentant la
Vierge Marie entourée d' anges musiciens. Il a été réalisé en 1866 par M. A.
Meyer, de l'Institut des Arts de Munich.
On remarquera encore le très beau Christ
en bois polychrome qui se trouve fixé au mur droit du transept. Il date sans
doute du XVIe siècle.
Histoire
de la chapelle
La chapelle NOTRE DAME DES ANGES a été
construite au XIXe siècle, de .1864 à 1866, comme lieu de prière et de
célébration pour la communauté des PERES MARISTES de Paris.
En 1843, la toute nouvelle congrégation
des Pères maristes installe à Paris une Procure pour les missions d'Océanie où
elle est engagée. Les douze religieux de la communauté résident alors 5 rue du
Montparnasse et, outre leur travail pour les missions, ils se consacrent au
ministère de la confession dans les communautés religieuses et pensionnats
environnants.
En 1863, la ville de Paris ayant décidé
la construction de l'église Notre-Dame des Champs sur un emplacement qui englobe
leur résidence, les Maristes doivent abandonner leurs locaux. Ils achètent, rue
de Vaugirard, l'hôtel de Martignac et ses jardins. Ils y construisent
l'immeuble actuel du "104" et la chapelle Notre-Dame des Anges, qui
est terminée en 1866. Les Pères maristes y exercent dès lors, pour les
habitants du quartier, le ministère de la liturgie, de la confession et de
l'accueil. Ils y forment des cercles de réflexion et de prière et, en 1873, une
confrérie de l'Adoration du Saint Sacrement.
Pendant presque 40 ans, à plusieurs
reprises, la chapelle va connaître des périodes difficiles. En 1871, pendant le
siège de Paris, deux obus atteignent la chapelle, détruisant les vitraux de la
nef; les éclats traversent le plancher pour aboutir dans la crypte où est
installée une autre chapelle. En 1880, les pères sont expulsés par la police en
vertu des décrets contre les Religieux et se dispersent dans le quartier. La
chapelle reste alors fermée plusieurs années.
En 1903, en application de la loi de
1901, la chapelle est à nouveau mise sous scellés. Elle est rouverte par
intermittence à partir de 1906 et servira de salle de conférences avant d'être
rendue au culte en 1908.
En 1906, la célèbre Réunion des Etudiants,
foyer fondé par les Pères Peillaube, Galy et Plazenet, située depuis dix ans
rue de Bagneux (actuel immeuble rue Jean Ferrandi) s'installe dans l'immeuble mitoyen
de la chapelle, au "104", sous le nom duquel elle sera désormais
connue. La chapelle située dans la crypte, sous la nef et le chœur de
Notre-Dame des Anges, jusque là lieu de réunion et de prière du Tiers-Ordre
Mariste, devient la chapelle des étudiants.
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